« Colonna, une tragédie corse », c’est le documentaire inédit diffusé ce mardi soir, 9 juin 2026 sur France 2.
A voir dès 21h10 sur la chaîne, mais aussi en avant-première, replay et streaming vidéo sur France.TV
« Colonna, une tragédie corse » : présentation
Le 2 mars 2022, le militant nationaliste corse Yvan Colonna est violemment agressé par un détenu islamiste radicalisé dans la salle de sport de la maison centrale d’Arles. Il succombe à ses blessures quelques semaines plus tard. Vingt-cinq ans auparavant, l’assassinat du préfet Claude Érignac avait été perpétré par le commando auquel appartenait Yvan Colonna. Une nouvelle fois, la Corse se retrouve confrontée à une tragédie qui ravive ses blessures les plus profondes.
En 1998, après la mort du représentant de l’État, l’île s’était massivement mobilisée pour condamner ce meurtre. Un quart de siècle plus tard, la disparition de Colonna provoque un mouvement inverse : une partie de la jeunesse corse se soulève, érigeant l’ancien militant en symbole. Les manifestations qui suivent sa mort ouvrent un nouveau chapitre dans les relations entre la Corse et Paris, jusqu’au débat parlementaire consacré à l’autonomie de l’île.
À travers le parcours d’Yvan Colonna et les témoignages de celles et ceux qui ont vécu cette histoire, Colonna, une tragédie corse (3 x 45 min) retrace six décennies de tensions, d’incompréhensions et de confrontations entre la Corse et l’État français.
Résumé des épisodes
Épisode 1 – Le militant
Comment devient-on militant nationaliste corse lorsque l’on est le fils d’un député républicain et d’une mère bretonne ? Ce premier épisode retrace le parcours d’Yvan Colonna, qui grandit dans le sud de la Corse à une époque où l’île est transformée par le tourisme de masse et privée d’université.
Lorsque le FLNC voit le jour en 1976, la région de Cargèse, berceau familial des Colonna, compte déjà parmi les foyers les plus actifs du nationalisme clandestin. Le jeune Yvan participe à ses premières actions violentes, visant hôtels, résidences secondaires et infrastructures touristiques. Peu à peu, les divisions internes au mouvement radicalisent certains militants de la région, convaincus que l’indépendance ne pourra être obtenue qu’en contraignant l’État à céder sous la pression.
Épisode 2 – Le coupable
Le 6 février 1998, le préfet Claude Érignac est assassiné à Ajaccio de plusieurs balles tirées dans la nuque. Chargé de rétablir le dialogue sur une île traversée par de nombreuses tensions, il devient la cible d’un attentat qui choque profondément la population corse.
Alors que Paris privilégie d’abord une piste qui s’avérera erronée, de nombreux agriculteurs sont inquiétés par l’enquête. Dans le même temps, Bernard Bonnet est nommé préfet pour restaurer l’autorité de l’État, avant de voir sa propre carrière basculer dans l’affaire des paillotes.
L’enquête finit par remonter jusqu’à un groupe de militants originaires de Cargèse. Les membres du commando sont arrêtés les uns après les autres. Tous, sauf Yvan Colonna, désigné comme le tireur présumé. Commence alors une cavale de plusieurs années dans le maquis corse, au cours de laquelle il échappe aux recherches malgré une traque sans précédent.
Épisode 3 – Le symbole
Le 4 juillet 2003, après quatre années de fuite, Yvan Colonna est arrêté dans une bergerie. L’annonce de son interpellation est immédiatement saluée par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, qui le présente comme l’assassin du préfet Érignac. Une qualification dont l’ancien ministre reconnaîtra plus tard le caractère juridiquement discutable.
Au fil des procès, les débats restent marqués par les ambiguïtés des déclarations des membres du commando. Malgré ses dénégations constantes, Yvan Colonna est condamné et passe dix-huit années en détention. Alors qu’il espère retrouver un jour la liberté et renouer avec une vie de berger auprès de sa famille, son destin bascule une dernière fois en mars 2022.
Son agression mortelle en prison provoque une onde de choc en Corse. Les manifestations se multiplient, les accusations de défaillance de l’État se font entendre et des milliers de personnes assistent à ses obsèques. Pour beaucoup, celui qui avait longtemps été rejeté après l’assassinat du préfet devient alors un symbole. Comme le confie son père à la fin du documentaire, c’est en voyant cette foule rassemblée pour lui rendre hommage qu’il prend pleinement conscience de l’existence d’un peuple corse uni dans l’émotion et la mémoire.