Girondins de Bordeaux : le CNOSF maintient l’exclusion, le club au bord du gouffre

Les Girondins de Bordeaux ont reçu vendredi soir un avis défavorable du CNOSF, qui recommande de maintenir leur exclusion des compétitions nationales. Malgré les nouvelles garanties financières apportées par les nouveaux investisseurs, le club reste donc menacé d’une relégation en Régional 1 et doit désormais se battre pour éviter une possible liquidation judiciaire.


Ann Ros / Pixabay

Le feuilleton des Girondins de Bordeaux a connu un nouveau rebondissement particulièrement inquiétant. Alors que le club pensait avoir de nouveaux arguments à faire valoir grâce à sa reprise par Sparta Capital et à l’arrivée de nouveaux investisseurs, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a finalement recommandé vendredi le maintien de la sanction prononcée par la DNCG.

Cette décision constitue un immense coup dur pour les Marine et Blanc. Exclus des compétitions nationales par la DNCG le 30 juin, puis sanction confirmée en appel le 15 juillet, les Girondins avaient saisi le CNOSF le 27 juillet dans l’espoir d’obtenir leur réintégration au niveau national.

Le club conteste vivement la position du CNOSF

Dans un communiqué publié ce samedi matin, la direction bordelaise ne cache pas son incompréhension. Le club rappelle que sa situation financière a profondément évolué depuis son dernier passage devant la DNCG. Gérard Lopez a ainsi cédé ses titres à Sparta Capital pour un euro symbolique et renoncé à ses créances. Le nouvel actionnaire et les investisseurs qui l’accompagnent ont, de leur côté, apporté les garanties nécessaires pour sécuriser le financement de la saison à venir.

Selon le communiqué des Girondins, 10,6 millions d’euros ont notamment été placés sous séquestre à la Caisse des Dépôts et Consignations. Le club affirme également qu’une somme supplémentaire de 10 millions d’euros a été proposée par les nouveaux investisseurs afin de renforcer encore les garanties financières.

Au total, Bordeaux estime donc avoir présenté un dispositif représentant 20,6 millions d’euros de garanties et d’engagements financiers, tout en s’engageant à poursuivre l’exécution du plan de continuation arrêté par le tribunal de commerce pour la période 2025-2035.

Pour la direction, ces éléments auraient dû permettre de répondre aux inquiétudes de la DNCG et justifier une nouvelle étude du dossier. Mais le CNOSF n’a finalement pas retenu cet argument.

Bordeaux redoute les conséquences d’une exclusion

Le club dénonce donc une décision qui, selon lui, ne tiendrait pas suffisamment compte de sa nouvelle situation financière. Et les conséquences pourraient être considérables. Si l’exclusion des championnats nationaux est maintenue, Bordeaux devrait évoluer en Régional 1, soit le sixième niveau du football français, alors que le club espérait retrouver le niveau national sous l’impulsion de ses nouveaux investisseurs.

À ce stade, les Girondins restent donc exclus des compétitions nationales et sont engagés dans une course contre la montre. Le calendrier prévoit notamment une première journée de Régional 1 le 29 août, avec un déplacement à Saint-Médard-en-Jalles.

Le spectre de la liquidation judiciaire

Mais l’enjeu dépasse désormais largement le terrain. Le maintien de Bordeaux au niveau régional pourrait remettre en cause le projet de reprise porté par Sparta Capital. Selon les informations publiées ces dernières heures, l’apport financier des investisseurs était notamment conditionné au maintien du club dans les compétitions nationales.

Si cet engagement venait à disparaître, le plan de continuation validé en juin 2025 pourrait lui aussi être fragilisé. Le club avait alors obtenu du tribunal de commerce l’autorisation de poursuivre son activité grâce à un plan permettant notamment de restructurer une dette ramenée à environ 26 millions d’euros et étalée sur dix ans.

C’est pourquoi la menace d’une liquidation judiciaire est désormais prise très au sérieux. Une éventuelle fin du plan de continuation pourrait conduire à une nouvelle procédure devant le tribunal de commerce, avec des conséquences potentiellement dramatiques pour l’avenir de la structure professionnelle.

Un dernier recours devant le tribunal administratif ?

Malgré cet avis défavorable, les Girondins ne sont pas encore totalement privés de recours. Le CNOSF ayant proposé de maintenir la décision de la DNCG, le club dispose d’un délai de quinze jours pour refuser cette proposition et peut encore envisager une saisine du tribunal administratif.

La marge de manœuvre est toutefois extrêmement réduite. Le championnat national doit débuter prochainement et une éventuelle procédure en urgence devra permettre de modifier rapidement la situation sportive du club.

Les Girondins se retrouvent donc une nouvelle fois face à un scénario qu’ils pensaient avoir évité : une descente administrative aux portes du football régional, alors même qu’un nouveau projet financier semblait avoir permis de sécuriser leur avenir.

Dans son communiqué, la direction bordelaise assure vouloir continuer à défendre les intérêts du club et de ses supporters. Mais après l’avis du CNOSF, une question est désormais au centre de toutes les attentions : les Girondins de Bordeaux pourront-ils seulement survivre si leur exclusion des compétitions nationales devient définitive ?

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