Bernard Hinault : « On veut tuer le Tour de France »



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Hier, jeudi 27 juin 2013, Christian Prudhomme, directeur du Tour de France et Bernard Hinault, 5 victoires, 76 jours en jaune, 28 étapes remportées, dernier vainqueur français du Tour, étaient les invités de Bruce Toussaint à 7h45 dans « Europe 1 Matin » en direct de Porto-Vecchio.


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Tout de suite, une sélection des meilleurs moments…

Pourquoi la Corse était absente du Tour depuis 100 ans ?

Prudhomme : « Je n’étais pas patron du Tour il y a trente ans ! (Rires.) Ce qui était nécessaire, c’est une volonté corse, que ce soit la corse, la collectivité territoriale de corse, qui dise : « On a envie du Tour ». Cette volonté s’est exprimée il y a trois ans par un vote à l’unanimité de l’assemblée de Corse. Il fallait aussi avoir les moyens techniques et logistiques, c’est fait avec le bateau qui est derrière nous, qui nous abrite… »


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Bernard Hinault, vous vous seriez régalé…

Hinault : « Je me suis déjà régalé, j’ai fait le Tour de Corse en 1980 et 1982. Un vrai plaisir, on trouve de tout ! Plaine, montagne, haute montagne, terrains difficiles… C’est génial ! »

A propos du bateau Corsica Ferries…

Prudhomme : « Il y aura toutes les salles de presse, il n’y avait pas l’infrastructure en Corse pour cela. Il y aura toute ou partie des camions de la zone technique d’arrivée, ils seront dans le bateau pour le trajet Ajaccio-Calvi ! »

Un absent : Jalabert… Ca tombe mal, ces révélations ?

Prudhomme : « On a un peu l’habitude ! Deux choses. La première, on n’a rien appris de nouveau de se dire qu’à la fin des années 90 et début des années 2000, il y a une période extrêmement sombre du vélo. Ca, on le sait : le vélo a triché, peut-être plus loin que les autres, aujourd’hui il n’est pas différent des autres. Après, il y a une sorte de concordance des temps qui arrive à chaque fois au mois de juin, qui fait que l’on découvre le 24 juin 2013 les résultats des contrôles anti-dopage du 22 juillet 1998… J’espère qu’il ne viendra à personne l’idée d’exhumer le corps d’Eugène Christophe… »

Hinault : « Ca ne me surprend pas, tous les ans c’est la même chose. [Jalabert ?] C’est une époque qui date de 15 ans… Il faut arrêter de sortir les morts ! Il a assez souffert comme ça, c’est un peu une bêtise. On a l’impression qu’on veut tuer le cyclisme. On veut tuer le Tour de France ! Même de la part des sénateurs, avec leurs conneries. Oui ! On a un événement… »

On veut tuer le Tour ?

Hinault : « On peut se poser la question ! Pourquoi sortir ça maintenant ? Pourquoi on va toujours chercher dans le vélo ? Pourquoi les flacons des années 90 n’existent plus ? Pourquoi ils n’ont pas sorti ça ? Qu’ils arrêtent un peu leurs conneries, merde, c’est toujours le vélo qui prend ! On n’est peut-être pas plus blancs que les autres, mais on n’est pas plus noirs non plus ! Je ne pense pas ! »

C’est aussi la réalité de ce sport…

Hinault : « Qu’on arrête ! Pourquoi, quand Gasquet embrasse une fille, qu’il est positif à la coke.. Faut arrêter de se foutre de notre gueule ! Bien sûr, je suis en colère ! Les instances nationales ne font pas leur boulot ! Le CIO ne fait pas son boulot ! Qu’on traite tout le monde sur le même pied d’égalité ! Qu’on mette les mêmes contraintes à tous les sports que celles que l’on met aux coureurs cyclistes ! Là ils pourront ouvrir leurs gueules ! Pour l’instant, ils n’ont pas intérêt à l’ouvrir ! »

Prudhomme : « Egalité de traitement dans toutes les disciplines, tous les sports. Nous plaidons depuis longtemps pour une instance réellement indépendante, avec les mêmes règles, les mêmes types de contrôles, avec les mêmes révélations si nécessaire, partout, toutes disciplines, tous sports. Il faut quelque chose d’indépendant. Et là, clairement, les instances, les élus, peuvent et doivent nous aider. »

Hinault : « Même la presse ! Quand une affaire sort, c’est deux petites lignes ! Quand c’est un coureur cycliste, on en fait dix pages pendant un mois ! Qu’on arrête, merde ! »

Christian Prudhomme, vous avez préparé quelque chose d’exceptionnel…

Prudhomme : « On met toujours le paquet, mais on a beaucoup travaillé sur cette 100ème édition. Ce n’est pas une édition rabougrie sur notre vieux pays ! C’est le Tour du premier pays touristique au monde ! Un exploit sportif dans un décor de rêve comme celui de la Corse, c’est encore plus beau. Le plus beau stade du monde n’est qu’un stade… Il n’y a pas une épreuve au monde qui fédère autant. 3,500 km de sourire ! »

Hinault : « Ce tour me plait bien sûr ! Non seulement par la beauté de ce qu’on va montrer au monde entier, mais aussi par le parcours-même !  »

capture écran Europe 1 by Dailymotion (DR)
capture écran Europe 1 by Dailymotion (DR)

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Autre invité du jour, Dominique Bozzi, le seul coureur corse à avoir couru le Tour en 1996

Premier passage en Corse… On répare une erreur historique ?

« Bien sûr ! Nous étions le seul département français où le Tour n’est pas passé. Maintenant, c’est réparé : c’est un énorme cadeau pour nous, nous allons l’accueillir à bras ouverts. »

Vous auriez aimé courir ce Tour…

« Tout à fait, c’est vraiment un rêve ! Dommage ! J’aurais aimé qu’un jeune corse soit au départ, pour représenter les couleurs de notre pays. Mais ce n’est pas grave : nous avons déjà un beau cadeau, le 100ème tour, trois étapes, c’est énorme, nous allons le savourer. »

« Tout le monde l’attend avec impatience mais tout le monde ne réalise pas la portée de l’événement. On compare souvent le Tour à un rallye automobile : ça n’a rien à voir ! Le Tour, c’est quand même l’équivalent d’une Coupe du monde ou des Jeux Olympiques ! Je crois que les Corses vont être vraiment surpris de l’ampleur de l’événement. C’est ça qui va être important : ça va rester dans les mémoires des enfants. »

Que peut apporter le Tour à la Corse ?

« Enormément de choses ! On a 20.000 chômeurs en Corse, nous sommes en période de crise, l’économie corse tourne au ralenti… Le tourisme va repartir de plus belle, nous allons être en direct dans 190 pays, un milliard de téléspectateurs. Ca va apporter que du bon ! Ca va être notre second souffle, nous allons faire une 2ème saison en juillet, deux mois d’août… »

Cette absence de 100 ans en Corse : mauvaise réputation ?

« Non non, ce n’est qu’une volonté politique. Tous les politiques, l’assemblée de corse, se sont réunis à l’unanimité pour faire venir le Tour en Corse, tout le monde a tiré la corde dans le même sens, c’est le plus important… »

Trois étapes en Corse…

« La première étape Bastia-Porto-Vecchio, aucune difficulté, tout plat, je vois une arrivée massive au sprint… Par contre, la deuxième étape, pour la première fois depuis 100 ans, le Tour va passer un col de 1ère catégorie dès le deuxième jour ! C’est quand même assez historique (…) Je vous le garantis, pour être directeur du Tour de Corse, j’ai fait cette étape il y a un mois : le peloton a explosé, ils sont arrivés un à un ! Je pense que sur le Tour de France, beaucoup de coureurs vont perdre le Tour en Corse ! Nous ferons les comptes aux Champs-Elysées, mais vous verrez les 30 ou 40 secondes perdues par certains leaders… »

Vous avez eu un rôle dans l’organisation…

« Tout le monde a eu son rôle ! Le mien, c’était de relancer le Tour de Corse il y a cinq ans, développer le cyclisme en Corse… Derrière, les politiques ont fait leur travail… »

Le nombre de licenciés va exploser…

« Nous sommes déjà passés de 200 licenciés il y a 4 ans à 1.000 aujourd’hui. Nous irons de 2.000 à 2.500 dans les années à venir ! C’est très bien. »

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