Berlusconi : « Ils ne peuvent pas m’envoyer en prison, il y aurait une révolution en Italie »



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 capture Europe 1 by Dailymotion
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Ce matin à 8h20, Europe 1 recevait Silvio Berlusconi. L’ex-chef de gouvernement italien répondait aux questions de Jean-Pierre Elkabbach lors d’une interview exceptionnelle. Il s’agissait de la première interview de Silvio Berlusconi accordée à un média français depuis son éviction du Sénat italien le 27 novembre dernier. Ses principales déclarations :


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Silvio Berlusconi existe encore ?

« Je suis là ! Je suis encore au travail, plein de vie et je trouve que votre demande est mal posée ! »

Vous ne prenez pas votre retraite ?


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« Absolument. »

Vous êtes inéligible en Italie. Vous envisagez conduire votre parti aux prochaines européennes ?

« J’espère, avant de dire que je ne suis pas dans la possibilité d’être candidat, réussir dans peu de temps à avoir une révision de la sentence politique absolument injuste, la fin d’un parcours incroyable de 8 mois quand, normalement, avec la justice italienne, on a besoin de 8 ans minimum ! »

Vous n’êtes plus sénateur, plus élu, restez-vous chef de votre parti ?

« Oui, sans doute ! Je suis et serai encore président de mon parti. Maintenant, mes supporters ont demandé de les appeler Forza Silvio. Avec ses 12.000 clubs, on a l’intention de produire une force de conviction vis à vis des 24 millions d’électeurs italiens qui ne sont pas encore dévoués à la gauche… »

Vous êtes donc en campagne électorale et politique…

« Oui. »

Réclamez-vous des élections anticipées ?

« Oui, on a besoin maintenant de laisser ce qui se passe en Italie avec un gouvernement qui n’est plus le gouvernement élu par le peuple. On a la date du 24 mai pour les élections européennes. Nous demandons d’avoir la possibilité, le même jour, d’avoir des élections pour l’Italie. »

Mercredi à Rome, Enrico Letta a obtenu un vote de confiance des députés. Pensez-vous que ce gouvernement peut tenir ?

« Non. Je pense que ce gouvernement n’a pas tenu ses promesses. »

Avec des élections anticipées, n’augmentez-vous pas l’instabilité de l’Italie et de l’Europe ?

« Je pense que ce fait d’instabilité, c’est quelque chose qu’on a voulu mettre sur la table mais qui n’existe pas. En Italie, on a eu depuis 50 ans quelque chose comme des gouvernements qui changeaient tous les 11 mois ! Je suis le citoyen italien qui a été le plus longtemps au gouvernement. »

Vous n’avez pas pu empêcher le Sénat de voter votre déchéance. Comment l’allez-vous vécu ? Un choc ? Vous vous y attendiez ? Vous pensez le mériter ?

« Le mériter ? C’est exactement le contraire ! Quelque chose que l’on peut bien nommer coup d’Etat ! Le parti communiste italien voulait à partir de 1992 avoir la possibilité de prendre le pouvoir définitivement. J’ai eu la possibilité de l’empêcher. »

Quand on est pas d’accord avec Silvio et qu’on le punit, on a forcément tort ? On est dans le coup d’Etat ? C’est grave de parler de coup d’Etat ?

« Non non, on n’a pas eu seulement un coup d’Etat ! Depuis 20 ans, on en a eu quatre ! Qu’est-ce qu’un coup d’Etat selon moi ? Quand un pays n’est pas gouverné par les hommes élus par le peuple. »

Vous vouliez réduire la puissance des juges, vous n’avez pas pu. Eux sont en train d’avoir votre peau. Vous n’avez plus d’immunité parlementaire…

« Oui, je suis dans une situation de faiblesse personnelle. Qu’on peut quand même considérer comme une force… On peut contrôler mon téléphone, je n’ai pas de passeport… »

On vous l’a enlevé ?

« Oui ! »

Vous ne pouvez pas sortir d’Italie ?

« Oui, je suis empêché de sortir. »

A tout moment on peut vous envoyer en prison…

« Quand ils veulent ! »

Vous avez peur ?

« Non ! Je suis sûr qu’ils ne peuvent pas le faire, sinon il y aura une révolution en Italie ! »

Vous laissera-t-on aller de ville en ville pour faire campagne ?

« On ne peut pas mettre en prison, casser la liberté de quelqu’un qui est en train de faire une campagne électorale contre une majorité qui a utilisé son bras judiciaire pour essayer de l’éliminer de la scène politique. »

Vous dites que les juges sont les maitres de la politique en Italie ?

« Absolument. »

Vous n’avez pas peur d’aller en prison, dites-vous…

« Je pense que ce serait difficile de me mettre en prison : j’aurais immédiatement une grande majorité dans le pays aux prochaines élections ! Et en plus, comme j’ai un âge très important, je n’ai peur de rien. »

Avez-vous parfois envie de quitter l’Italie ?

« J’aime mon pays. Je ne peux pas terminer mon aventure humaine de patriote et d’homme d’Etat en fuyant mon pays. »

Combien de procès avez-vous eu ?

« 57 ! Incroyable ! J’ai, pour 41, été acquitté totalement. »

Vous n’êtes pas un saint… Corruption, fraude, évasion fiscale… Vous payez vos impôts en Italie ?

« Je suis le premier contributeur de l’Etat ! Aucun italien ne peut penser que j’ai fait une évasion. »

On a parlé d’une fraude à propos d’une affaire vieille de plusieurs années, entre la Paramount et des dirigeants de votre télévision. Est-il vrai que vous réclamez un nouveau procès ?

« Oui, un procès de révision de cette sentence ! J’ai deux possibilités : la révision en Italie ou le recours que je suis en train de porter à la Cour du Luxembourg. »

Vous estimez que vous pourriez être innocenté…

« J’en suis absolument sûr. »

La Justice italienne ne veut pas tenir compte des documents en provenance des USA, elle ne veut pas acquitter Berlusconi pour qu’il reprenne la politique…

« Ils pensent ce qu’ils veulent ! Mais il y a des choses qu’on ne peut pas mettre dans un coin… »

On ne vous voit jamais comme une victime…

« On ne connaît pas la situation de l’Italie vis à vis de la justice que nous avons… »

Quelles erreurs reconnaissez-vous ?

« Aucune. »

L’image de l’Italie a souffert de vos excès dans votre vie privée…

« Il n’y a aucun excès. Ce sont des choses qui ont été montées par la Justice. »

Mais les soirées… Les jeunes femmes…

« C’était des choses absolument normales dans lesquelles je n’ai jamais vu un geste… Je ne dis pas de sexe… Mais pas élégant ! (…) Les juges ont cette attitude : si quelqu’un qui quelque chose contre moi, il est sincère. Si quelqu’un m’aide, il est faux. »

Est-il vrai que, deux jours avant ce qui vous est arrivé au Sénat, Poutine est venu diner chez vous ?

« Oui, sans doute ! Je le connais depuis 2001, nous sommes très amis. »

Vous avez dit vouloir diriger votre parti pour les européennes. Vous ne serez pas candidat ?

« Non, je ne serai pas candidat. Il faut voir si je peux mettre mon nom sur la liste électorale… »

Même quand vous vous battez pour les élections nationales, vous ne pensez pas redevenir président du Conseil ?

« J’espère pouvoir arriver aux élections nationales, ayant eu la révision de mes procès… »

Quel souvenir gardez-vous d’Angela Merkel qui a été très dure avec vous ?

« Elle fait l’intérêt de son pays. L’Allemagne veut une politique pour l’Europe qui va dans le sens de son intérêt. »

On vous a reproché de ne pas vouloir accepter de faire la politique de restriction budgétaire que les autres faisaient dans la crise…

« La politique qu’ils ont voulu va créer de la dépression et pas du développement. »

Quel souvenir gardez-vous de Nicolas Sarkozy ?

« La prochaine question ? »

Ne craignez-vous pas d’être assigné à résidence avec obligation de vous taire ?

« Je pense que non… Si on en arrive à ce point, je pense alors que la liberté n’existe plus en Italie ! »

Pour le moment elle existe encore…

« Pour le moment, et j’en profite justement… »

Acceptez-vous qu’un jour l’avenir de l’Italie se fera sans vous ?

« Heureusement. »

Votre passion de la vie et la politique n’est pas morte…

« Absolument. Je suis encore vivant, on a commencé et on peut terminer avec cette affirmation. »

Merci d’avoir reçu Europe 1, et n’allez pas en prison…

« Vous viendrez me voir avec des oranges ! »

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