C’est une fuite aussi improbable que préoccupante. La position du porte-avions français Charles de Gaulle aurait été révélée publiquement après qu’un jeune officier de la Marine nationale a partagé ses séances de jogging sur l’application de sport Strava.
Des footings publics qui ont révélé la position du navire
Selon le Monde, le 13 mars, l’officier enregistre une séance de course d’environ 35 minutes sur le pont du porte-avions, à l’aide de sa montre connectée. L’activité, publiée automatiquement sur son profil Strava resté public, contenait des données GPS précises, révélant la position du bâtiment en Méditerranée orientale.
Mais cette séance n’était pas isolée : les semaines précédentes, le militaire avait déjà partagé plusieurs entraînements depuis le navire. En consultant son historique, il était donc possible de suivre l’évolution de la position du Charles de Gaulle au fil des jours, transformant son profil en véritable traceur de la route du groupe aéronaval.
Une fuite particulièrement sensible dans un contexte de guerre
Cette erreur intervient alors que la France a redéployé le Charles de Gaulle vers la Méditerranée orientale en raison de l’escalade militaire au Moyen-Orient. Le porte-avions et ses avions Rafale sont chargés de protéger les intérêts français et de sécuriser l’espace aérien dans une région où les frappes et attaques de drones se multiplient.
Dans ce contexte, la divulgation publique de la position précise d’un bâtiment stratégique est considérée comme un risque opérationnel majeur, car elle peut théoriquement être exploitée par des acteurs hostiles ou des groupes armés.
Les objets connectés, nouvelle faille de la sécurité militaire
L’utilisation d’applications comme Strava est strictement encadrée au sein des armées, justement pour éviter ce type de fuite. Pourtant, comme dans cette affaire, une simple inattention dans les paramètres de confidentialité peut suffire à rendre publiques des informations sensibles.
Ce n’est pas la première fois que des données sportives révèlent des positions militaires. Depuis plusieurs années, les experts en cybersécurité alertent sur le fait que les montres connectées et applications de fitness peuvent trahir les déplacements de soldats, de bases militaires ou de convois en opération.
Une erreur humaine aux conséquences potentiellement graves
Si les grandes puissances disposent déjà de satellites capables de localiser un porte-avions, la publication volontaire — même involontaire — de sa position et de ses déplacements reste une faille sérieuse dans la discrétion des opérations militaires.
Cette affaire illustre surtout une réalité de la guerre moderne : aujourd’hui, une simple séance de jogging partagée sur un réseau social peut compromettre la sécurité d’un navire de guerre et de ses milliers de marins.