« Love » de Gaspar Noé : la liberté de création menacée ?


[BUZZ] L’info a fait beaucoup de bruit durant le week-end ! Fleur Pellerin , la Ministre de la Culture et de la Communication, aurait en effet réclamé que le film « Love » de Gaspar Noé repasse par la commission de classification des œuvres cinématographiques…. commission qui s’était déjà prononcée en interdisant le film aux mineurs de moins de 16 ans. Pour ceux qui ont loupé quelque chose, c’est par ici que ça se passe !

© Wild Bunch Distribution
© Wild Bunch Distribution

Après le coup de gueule de Wild Bunch Distribution, et alors que le Ministère n’a toujours pas commenté cette information qui reste donc au stade la rumeur, le site 20 Minutes note que les cinéastes de l’ARP, la société civile des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs, ont décidé de s’en mêler en évoquant une liberté de création menacée.

Voici le communiqué de presse publié à ce sujet :

Les cinéastes de L’ARP sont extrêmement surpris d’apprendre qu’après la décision de la Commission de classification des œuvres cinématographiques du CNC de recommander une interdiction aux moins de 16 ans pour le film Love, de Gaspar Noé, la Ministre de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin ait pris l’initiative d’un deuxième visionnage en vue d’une interdiction aux moins de 18 ans pour sa diffusion en salles.

Cela appelle d’importantes questions, d’ordre institutionnel bien sûr, mais aussi sociétal.

Quelle légitimité reste-t-il à la Commission de classification lorsque ses avis sont dorénavant systématiquement remis en causes et régulièrement renversés par les juges ? Quelle logique y a-t-il à réunir la Commission si certaines classifications sont en fait automatiques, comme celle qui semble menacer le film de Gaspar Noé ?

Ces cas si fréquents actuellement pointent un dysfonctionnement qui ne peut laisser sans réagir.

Si la Commission rend des avis qui ne valent que pour elle, alors assumons qu’elle a fait son temps. Ou alors rendons-lui tout son sens et travaillons à lui rendre toute sa force : celle qui servira aussi à protéger les œuvres, la liberté de création et la liberté d’expression. Celle qui reconnaitra à nouveau au cinéma son rôle si singulier dans le monde d’images où nous vivons aujourd’hui. La France, si elle est une grande démocratie, ne l’est que tant que ces principes de liberté que nous venons d’évoquer sont respectés. Nous vivons une période trouble où ces principes semblent pourtant en danger, au prétexte de précautions qui dépassent largement l’objectif poursuivi.

Notre société n’aura rien à gagner à être le terrain de jeu exclusif du conservatisme et du puritanisme. La « moralisation » des œuvres, amie intime de la censure, est un jeu dangereux qui a appauvri toutes les nations qu’elle a tentées.

Les cinéastes de L’ARP restent convaincus que la poésie, toute sexuelle soit-elle, d’un cinéaste, en l’occurrence Gaspar Noé, restera une meilleure source éducative que les débauches de pornographie disponibles en permanence sur internet.

Nous demandons donc à la Ministre de la Culture et de la Communication, au CNC et à la Commission elle-même, l’ouverture d’une profonde réflexion sur le fonctionnement de cette dernière et sur les textes qui la régissent. Nous ne pouvons accepter que l’intégrité et le respect des œuvres continuent d’être ainsi bafoués.

On attendant maintenant que la Ministre s’exprime enfin sur cette polémique qui a tellement agité les réseaux sociaux en ce dernier week-end du mois de juin.

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